Les vacances de la construction approchent à grands pas. Que vous prévoyiez prendre la route vers l’étranger ou plutôt parcourir les campings du Québec, sachez qu’il existe une foule d’astuces accessibles pour être un touriste responsable et ne laisser aucune trace derrière vous.

Le mouvement « Sans trace » prend de l’ampleur au Canada

Le mouvement Sans trace (Leave No Trace) a pour objectif de promouvoir l’usage responsable des aires naturelles et d’éviter que l’activité humaine menace la faune, la flore et la biodiversité. Comme expliqué sur le site sanstrace.ca, nos actions peuvent sembler inoffensives, mais elles mettent en péril l’équilibre de la nature. L’idée est de sensibiliser les amateurs de plein air à réduire leurs impacts écologiques et sociaux. Selon le site De ville en forêt, il existe 7 principes « sans trace »:

  1. Se préparer et prévoir
  2. Se déplacer sur des surfaces durables
  3. Gérer adéquatement les déchets
  4. Laisser intact ce que l’on trouve
  5. Minimiser l’impact des feux
  6. Respecter la vie sauvage
  7. Respecter les autres visiteurs

Je me suis attardée sur le 3e principe. Mon objectif est de vous démontrer que la gestion des déchets est beaucoup plus accessible que l’on pourrait imaginer.

Revaloriser les emballages qui paraissent être à usage unique

Si vous me suivez depuis un moment déjà, vous savez que ma pratique du zéro déchet ne vise pas à refuser à tout prix tous les emballages, mais plutôt d’apprendre à revaloriser ceux que l’on produit. Ainsi, j’use de créativité pour réinventer les emballages que j’ai acceptés dans les semaines précédant mon séjour. Pour vous donner une idée, je fabrique les blocs de glace en remplissant d’eau les sacs de fruits congelés à bande refermable ou les bouteilles de jus. Si vous avez un réservoir d’eau de pluie, vous pourriez plonger vos contenants et les remplir avec cette eau, en prenant soin d’inscrire « eau non potable » sur vos blocs de glace.

Je fabrique également mes allume-feux, un petit essentiel pour les séjours de camping. Avouez qu’il n’existe aucun déchet plus insignifiant que la mousse de sécheuse ! Pourtant, elle m’est très utile pour partir mes feux en plein air.

Matériel requis

  • Une casserole (voir les mises en garde plus bas)
  • Quelques vieilles chandelles
  • Une cuillère en bois
  • Quelques petits tubes de carton autour desquels s’enroule le papier hygiénique
  • Une feuille de papier ciré
  • Une plaque de cuisson (ou une grille à biscuits)
  • Un contenant hermétique (ou un morceau de papier ciré ou un sac de céréales)
  • De la mousse de sécheuse

Préparation

  1. Dans une casserole ou un bain-marie, faites fondre doucement les chandelles et retirez les mèches. Si vos bougies sont dans des godets, déposez ceux-ci au fond de la casserole.
  2. Remplissez les tubes de papier hygiénique de mousse de sécheuse.
  3. Déposez une feuille de papier ciré sur une plaque de cuisson ou une grille à biscuits.
  4. Déposez les rouleaux à la verticale sur le papier ciré.
  5. Versez délicatement la cire fondue dans les rouleaux de manière à imbiber toute la mousse au niveau de l’extrémité. Laissez refroidir la cire. Retournez le rouleau et répétez pour imbiber l’autre extrémité.
  6. Une fois les rouleaux bien secs, transférez-les dans un contenant refermable, un sac de lait ou un papier ciré pour les entreposer.

MISES EN GARDE

  • Utilisez une vieille casserole pour faire fondre la cire, puisqu’elle ne pourra plus servir à autre chose ensuite.
  • Quand on la brûle, la mousse de sécheuse dégage de légères émanations, un peu comme une bombonne d’aérosol. N’utilisez jamais vos allume-feux à l’intérieur, mais bien toujours à l’extérieur !

Petite note quant au bois d’allumage. Il n’est pas interdit d’amener son propre bois, mais les SEPAQ encouragent toujours à acheter local et à brûler local, histoire d’éviter que les petites bestioles ravageuses ne se promènent d’une région à l’autre.

 

Voyage sans trace - Chic Frigo Sans Fric

Crédit photo : Josiane de la Sablonnière

Un menu qui met en vedette le vrac…

Maintenant, qu’en est-il de l’alimentation sans trace? L’idée est de réduire au maximum les produits transformés et suremballés. Mieux vaut acheter des légumes entiers et des pièces de viande que vous apprêterez sur place. Vous craignez que vos repas soient fades? Prévoyez apporter vos petits pots d’épices. C’est l’occasion idéale d’inventer de nouveaux mélanges en rassemblant dans un même bocal les fonds de sacs. Qui sait si vous ne créerez pas un nouveau classique familial?

Pour les condiments, je vous invite à amener avec vous les bouteilles et bocaux de la maison. Vous éviterez des achats inutiles et vous pourrez en profiter pour les vider. Pour ceux qui comme moi anticipent toujours le bris du verre dans les déplacements, sachez qu’il existe des sacs compartimentés qui faciliteront le transport.

Le vrac au menu pour le camping

Crédit photo : Josiane de la Sablonnière

En camping, j’essaie toujours de réduire les aliments qui nécessitent la réfrigération longue durée. Dernièrement, j’ai acheté des laits végétaux en poudre et, à ma plus grande surprise, mes boissons chaudes et mon petit déjeuner étaient tout aussi savoureux. Personnellement, j’ai opté pour le lait de soya en poudre, mais il existe plusieurs autres options. Depuis que j’ai ajouté un peu de poudre de lait à mon mélange de gruau, j’avoue que j’ai adopté l’idée pour la maison. C’est pratique et ça m’a aidé à réduire mon gaspillage de lait végétal du commerce.

Cuisine de camping - Chic Frigo Sans Fric

D’ailleurs, le magasin général du parc national d’Oka a une section de silos en vrac. Amenez vos contenants pour faire le plein de provisions.

Vacances sans trace - Noix de lavage

Et pour l’hygiène?

Plusieurs personnes opteront pour la « toilette de chat » en camping, en achetant des lingettes humides jetables. Personnellement, je préfère prévoir le coup en préparant mes propres lingettes maison. Je me suis inspirée du billet des Trappeuses pour ma recette, mais j’utilise des vieilles débarbouillettes tachées.

Pour les séjours de plus longue durée, j’amène toujours avec moi des noix de lavage. Ce sont en fait de petits fruits séchés qu’il suffit de recouvrir d’eau et de faire bouillir afin d’en extraire une substance nettoyante. Le produit mousse très bien et donne l’impression de bien nettoyer les vêtements. Je dilue le liquide dans un grand seau d’eau, histoire que mon eau savonneuse me dure pour plusieurs fois. Pour les taches, j’utilise le savon du pays qui est très efficace. J’achète le mien à la Savonnerie des Diligences. N’hésitez pas à le tailler pour éviter de trimballer un trop gros morceau.

Noix de lavage en camping

L’économie de partage en voyage

Pour ceux qui comme moi préfèrent dormir dans un bon lit, sans pour autant favoriser l’hôtel ou Airbnb, je vous invite à découvrir les différentes voies de l’économie de partage. J’aime beaucoup le concept de HomeExchange, où l’on échange notre maison avec des voyageurs du pays qu’on a envie de visiter.

Pour les plus aventureux, la location de mini-campeurs est aussi une belle alternative. Au Québec, plusieurs entreprises offrent ces options. Pour ceux et celles qui voyageront dans la belle région du Bas-St-Laurent, l’entreprise Rikiki offre un service fort intéressant.

Cet article a été rédigé pour ma chronique radio hebdomadaire « Écolo au quotidien », sur les ondes de Radio-Canada. Pour écouter ma deuxième chronique en rediffusion, cliquez ici.

Bonnes vacances sans trace!

Florence-Léa