Un sapin zéro déchet, c’est possible ?

Je vous le dis tout de suite, je n’ai pas la réponse ! En fait, oui, je sais qu’un sapin zéro déchet ça existe: il suffit de fabriquer vous-même un sapin avec des matières recyclées (je vous en parle plus loin). Ou encore, de décorer une plante d’intérieure, de décorer son sapin qui se trouve dans son jardin ou… décorer autrement la maison, sans sapin.

Personnellement, ce n’est pas mon truc. Je suis attachée aux arbres de Noël classiques, taillés en forêt et qui embaument la maison. Mais il y a huit ans, et à ma plus grande surprise, je me suis acheté un sapin de plastique ! Depuis, je l’ai en garde partagée avec mon frère. Une année je lui prête (quand j’ai une envie folle de sapin naturel) l’autre l’année, je le récupère et le décore même si je le trouverai toujours moins beau qu’un vrai sapin ! J’étais consciente en l’achetant que ce n’était pas très écologique comme investissement, mais à ce moment de ma vie, c’était ma seule alternative.

Tous les ans, mon coeur balance entre la tradition, la magie et la fête commerciale que c’est devenu. Alors comme acheter un sapin, c’est marquer le début du temps des fêtes, voici quelques informations en vrac qui pourront vous aider à acheter judicieusement un arbre de Noël qui vous ressemble, en fonction de vos préoccupations et vos valeurs.

Et cette année, avec la pandémie, l’esprit des fêtes, j’en ai drôlement besoin!

Le traditionnel sapin de culture est-il le bon pour vous ?

Il existe plusieurs variétés de sapins sur le marché. Leur entretien, leur odeur, leur conservation peuvent varier. Alors, mieux vaut réfléchir à vos besoins avant de faire votre choix, histoire d’éviter de le jeter prématurément. Si vos finances sont au coeur de vos préoccupations, sachez qu’au niveau du prix, l’achat d’un « faux » sapin est plus économique sur le long terme.

Au point de vue de la protection de l’environnement, on vous suggère d’opter bien sûr pour les sapins bios. Visitez la page Facebook de Sapin Bio, la première entreprise québécoise à avoir obtenu la certification biologique d’Ecocert Canada.

Selon le CIRAIG, le sapin naturel (même bio) ne serait pas sans impacts environnementaux, notamment en raison du rythme de remplacement des sapins et du fait de remplacer une forêt par une monoculture (source : LaPresse).

La culture de sapin est cependant de plus en plus respectueuse de l’environnement et les producteurs locaux tentent de minimiser le recours aux pesticides. En cas de risque de pucerons ou de populations ravageuses, le Réseau d’avertissement phytosanitaire (RAP) lance un avertissement aux cultivateurs d’arbres de Noël. Les insecticides et herbicides ne sont donc plus appliqués systématiquement, mais plutôt en fonction des attaques dommageables aux conifères.

Les différentes variétés

FRASER

Le sapin Fraser est joli et touffu. Moins odorant, il garde cependant ses épines plus longtemps. Vous pourrez le reconnaître à l’œil grâce à ses épines arrondies. Il est également plus résistant. Si vous comptez acheter votre sapin tôt dans le mois, il est définitivement fait pour vous. Vous pourrez compenser l’odeur avec des chandelles au sapin Baumier 😉

Blague à part, pour fabriquer un parfum d’ambiance à la fragrance de sapin baumier, je remplis habituellement un petit bocal de 125 ml de bicarbonate de soude et j’ajoute une trentaine de gouttes d’huile essentielle de sapin baumier. Vous pourrez le déposer subtilement sous le sapin fraiser ou dans un endroit clé qui pourra embaumer votre pièce.

 

BAUMIER

Le sapin baumier est reconnu de par son vert riche et sa senteur typique de Noël. Les aromates de sapin sont fabriqués avec cette variété. Ses épines sont plus piquantes et tombent plus facilement. Si vous n’aimez pas passer la balayeuse, ce n’est probablement pas le bon pour vous !

 

 

SAPIN SAUVAGE

Moins populaires, mais tout aussi jolis, les sapins sauvages se différencient de par leur apparence moins uniforme et touffue. Si vous êtes un adapte de la décoration minimaliste, c’est l’option qu’il vous faut !

Si vous avez adopté un fermier de famille, peut-être aimerez-vous l’idée d’avoir un « producteur de sapin de famille ». Sachez qu’il existe plusieurs petits producteurs de sapins qui en vendent directement de leur domicile. C’est une très belle tradition à instaurer. Imaginez-vous ce rendez-vous annuel où vous irez tailler vous-même votre sapin. D’une année à l’autre, vous échangerez des nouvelles de la famille et partagerez vos bonnes résolutions pour l’année à venir… (Cette année vous pourrez même partager vos résolutions zéro déchet… 😉 )

Le cousin de ma mère en est un. Il y a quelques années, avec sa femme, ils coupaient plusieurs arbres de leur terrain et allaient les vendre sur un coin de rue à Montréal ou à quelques entreprises privées soucieuses d’avoir des sapins naturels et locaux. Maintenant, ils accueillent les gens chez eux simplement. Comme ils ne taillent pas les sapins d’avance, cette tradition familiale se transforme également en activité en plein air pour leurs clients qui profitent des grands espaces pour jouer dehors.

Mon « faux » sapin

Il n’est pas rare que des gens n’osent pas acheter de sapin naturel pour éviter de retrouver des épines pendant des semaines après Noël. Ça a d’ailleurs été mon cas pendant plusieurs années où je me privais de décorer ma maison, jusqu’au jour où j’ai assumé de m’acheter un sapin en plastique ! Je n’en revenais pas moi-même ! Avant de faire mon choix, j’ai tout de même fait des recherches. L’analyse du cycle de vie des sapins de Noël démontre qu’un arbre  artificiel devra être utilisé plus de vingt ans pour avoir aussi peu d’impact sur l’environnement que le sapin naturel. Les statistiques nord-américaines révèlent que la durée de vie moyenne d’un sapin artificiel est de six ans*. SIX ANS ! J’étais sous le choc, vraiment ! J’ai tout de même choisi un sapin en plastique, celui qui me semblait le plus écologique et durable. Je me suis donc promis d’en prendre plus que soin et de le conserver pour les 25 années à venir. C’est donc à suivre…

Les alternatives zéro déchet

Si avoir un sapin est une priorité, mais que sa forme vous est moins importante, pensez réemploi pour créer votre propre arbre de Noël. Avant de jeter, donnez une deuxième vie à des accessoires du quotidien qui pourraient bien surprendre votre conception d’un sapin !

Une toile, un bricolage, en carton, avec des matériaux désuets, de la peinture et des ornements. Laissez votre créativité prendre le dessus et permettez-vous d’oser. Au pire, vous n’aurez qu’à le recycler au début de la nouvelle année ! Pour vous inspirer dans la création de votre sapin zéro déchet, je vous invite à parcourir la toile à la recherche d’idées inusitées.

Grâce à ma communauté Facebook, j’ai également découvert l’an dernier l’initiative Titi Sapin. L’entreprise vend de petits sapins naturels en pot, que vous louez pour le temps des fêtes. Par la suite, l’entreprise les reprend pour qu’il puisse grandir et les loue à nouveau l’année suivante. Pour en savoir plus, visitez leur page Facebook.

On m’a également fait découvrir le pin de Norfolk, aussi appelé Sapin de Norfolk, un conifère qui n’est pas un pin! Selon le site du Jardinier Paresseux, c’est un sapin de Noël vivant, qui pousse bien dans la maison et qui peut vivre pendant plusieurs décennies.

Décorer son sapin

Mon sapin éclectique

Un sapin dépareillé peut avoir charme fou ! Offrez-vous une boule nouvelle tous les ans. Transmettez-les de génération en génération, fabriquez-les ou même, collectionnez-les de vos voyages. C’est du moins ce que je fais. Ne sachant plus quoi ramener en souvenir lors de mes voyages, et souhaitant réduire la possibilité de ramener des objets fragiles qui deviennent rapidement des déchets une fois rentrés à la maison, je ramène désormais des décorations de Noël de tous les pays que j’ai visités. Avoir un sapin international, c’est aussi se remémorer des souvenirs précieux. Dans une optique zéro déchet, ça me pousse à chercher les ornements les plus écologiques et durables.

Pour les petits budgets

Les décorations de Noël sont dispendieuses. Toutefois, les commerces de détail les mettent tout de suite en vente après la période des fêtes passée, afin d’écouler leur inventaire rapidement. C’est donc à ce moment que vous tomberez sur des aubaines à couper le souffle ! De grandes chaînes offriront des rabais jusqu’à 95%. Une boîte de boules qui était à 15$ pourrait vous coûter alors moins de 2$. C’est un pensez-y-bien !

Magasinez également les ornements dans les centres de dons. Vous y découvrirez fréquemment des sacs de surprenants accessoires qui vous surprendront et que vous pourrez transformer.

 

Alors voilà ! Difficile pour moi de résister à la tentation de consommer à Noël. Tous les ans je me dis : « L’année prochaine, je n’achète rien, je n’en ai pas besoin », mais je me dégonfle toujours devant un petit ornement mignon. Je n’ai cependant pas envie de me culpabiliser pour ça. Je prends soin de mes décorations et de mon faux sapin, il n’y a pas de raison qu’ils deviennent des rapidement déchets. Alors, écoutez votre coeur et consommez dans la meilleure logique pour vous. Peut-être que votre sapin ne sera pas zéro déchet, mais vous aurez la chance de vous reprendre en posant plein d’autres gestes concrets lorsque vous festoierez.

Bon 1er décembre à tous, sapin zéro déchet ou pas !

 

PS: À la recherche d’un cadeau original pour le temps des fêtes? Consultez notre boutique en ligne!

 

Crédits photos : Daphné Caron et Marjorie Guindon